Une grande chaîne de supermarchés britanniques agit contre l’huile de palme

La compagnie Iceland s’est engagée à cesser d’utiliser l’huile de palme comme ingrédient dans ses propres aliments d’ici la fin de 2018. La décision est justifiée en raison de la destruction des forêts tropicales qui est engendrée par la production de l’huile de palme. Ce genre de mesures peuvent être très bénéfiques pour la protection de l’environnement, mais nous devrions nuancer un peu la question avant de nous réjouir.

Tout d’abord concentrons nous sur le côté positif. La société a déclaré que sa décision affectera 130 produits alimentaires, ce qui réduira leur demande d’huile de palme avec environ 500 tonnes par an. C’est une réduction non-négligeable, surtout dans le contexte de la demande mondiale qui ne cesse de croître.  L’industrie essaie de promouvoir l’huile de palme ”durable’, mais le PDG d’Iceland Richard Walker a déclaré que la société ne croyait pas qu’on peut être certain que l’huile de palme qui circule sur les marchés provient de sources qui soient véritablement durables. Pour cette raison il a décidé de supprimer l’huile de palme entièrement de leur gamme.

Chaque réduction de notre empreinte écologique sur les écosystèmes tropicaux est bienvenue. De plus, une conséquence très positive de cette mesure c’est quelle crée un précédent important : elle partage la responsabilité entre les consommateurs et les supermarchés. Les consommateurs peuvent être conscients des produits qu’ils achètent, mais les fournisseurs sont tout aussi responsables d’offrir des produits durables et de contrôler la destruction écologique générée par leur production. Une grande partie des consommateurs sont déjà sensibilisés à la dégradation des forêts et n’ont pas envie d’y participer d’une manière consciente. Cette prise de conscience dirige les producteurs et ils commencent à s’adapter. Malheureusement il est difficile de savoir si l’action prise par les producteurs se traduirait par une réelle diminution de l’empreinte écologie ou qu’il s’agit simplement d’une bonne technique de marketing.

Revenons à la question de l’huile de palme… Iceland a déclaré qu’ils comptent remplacer l’huile de palme par de l’huile de tournesol et par du beurre. On entend beaucoup sur les impacts négatifs de l’huile de palme sur l’environnement, mais on n’entend pratiquement rien sur l’impact écologique de l’huile de tournesol ou des autres huiles végétales. L’huile de tournesol demande environ sept fois plus de superficie de terre pour produire la même quantité de calories que l’huile de palme. Par contre, l’huile de palme est produite dans des régions particulièrement bio-diverses, ce qui coûte la vie de nombreuses espèces exotiques.  Si on prend l’exemple du beurre, la question devient encore plus compliquée. La production de beurre génère une grande quantité de gaz à effet de serre à cause du système digestif des vaches. Mais il faut aussi se poser la question si les vaches ne sont pas nourries avec du soja produit dans les régions tropicales, ce qui est souvent le cas.

Le fait de remplacer l’huile de palme pourrait être très bénéfique, mais nous ne pouvons pas simplifier la question. Quand nous pensons à produits aussi raffinés et concentrés tels que les huiles, nous pouvons être certains que leur empreinte écologique serait considérable. Nous avons besoin de développer des étiquetages qui offrent des informations suffisantes sur les divers impacts écologiques de tous les produits, alimentaires et autres.

Aleks Evtimov

Blogueur. Créateur de www.veganews.eu

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