‘Tu parles trop du changement climatique… Espèce d’alarmiste !’

On me demande souvent pourquoi je parle autant sur le changement climatique. C’est vrai qu’une grande partie de mes publications portent sur le sujet et ce n’est pas par hasard.

Nous avons l’impression d’entendre beaucoup sur le changement climatique, mais les reportages des médias sont rarement proportionnels à la gravité de la situation. Ceci est aussi vrai dans le cadre de notre communication privée. Même si j’essaie de mentionner des faits intéressants ou inquiétants devant mes amis ou ma famille, généralement je n’arrive pas à produire une conversation efficace sur le sujet. Souvent ce qui se passe c’est qu’on annonce un fait troublant et tout le monde devient un peu inconfortable pendant quelques minutes. Peut-être on arrivera à provoquer quelques réponses courtes qui expriment de l’indignation ou de l’inquiétude, mais la conversation s’arrête là. C’est comme si nous voulons instinctivement éviter le sujet, et je pense qu’il y a plusieurs raisons pour cela.

Nous sommes préoccupés par les problèmes de notre quotidien, ce sont souvent des défis concrets et nous pouvons envisager des solutions qui peuvent améliorer la situation. Par contre, avec le changement climatique nous rencontrons un problème beaucoup plus grand et abstrait. Nous avons du mal à imaginer des solutions qui résoudraient le problème à sa source. Personne ne peut arrêter le changement climatique par ses propres moyens. Très peu de gens peuvent percevoir leur impact  et ceux qui en souffrent le plus sont souvent ceux qui ont le moins de pouvoir. D’ailleurs, pas de surprise, les peuples qui sont les plus touchés par les effets du changement climatique ne passent pas leur temps à nier son existence.  C’est normal que nous ne voulons pas penser à la crise environnementale, si nous méditons sur l’information que nous avons, si nous pensons aux statiques et à leurs conséquences nous nous retrouvons dans un état d’angoisse et d’anxiété. La situation est difficile et peut-être sans issu, ce n’est pas le genre de sujets auquel nous aimons réfléchir.  Si vous ne pensez pas que le changement climatique est un problème pressant, il est probable que vous n’avez pas entendu parler des boucles de rétroaction, vous trouverez une liste d’articles sur la question ici.

Pour ces raisons je trouve qu’il est très important d’en parler d’une manière active, même si nous risquons d’être vus comme des alarmistes. Il est primordial de faire rentrer le sujet du changement climatique dans notre dialogue publique. Nous devons identifier clairement les problèmes pour que nous puissions réorganiser nos priorités, tant sur le plan individuel qu’au niveau national et international. On sera poussé à agir seulement si les problèmes font partie de notre conscience, nous n’avons plus le luxe de rester dans le confort du déni. Nos systèmes politiques ont beaucoup de lacunes, mais si les citoyens sont réellement préoccupés par la problématique, les politiciens n’auront que le choix de redéfinir leurs priorités. Seuls les citoyens peuvent contrer la puissance des lobbyistes qui sont occupés à nier l’existence des problèmes et à ralentir l’action de nos institutions.

N’ayez pas pas peur de parler au sujet de la crise environnementale d’une manière générale et au sujet du changement climatique en particulier. L’avenir de l’humanité et de toute la vie sur Terre en dépend. Utilisez les réseaux sociaux, mais n’oubliez pas de parler directement avec les gens que vous connaissez dans la vie réelle. Commencez en partageant cet article, ça ne prend que quelques secondes.

 

 

Aleks Evtimov

Blogueur. Créateur de www.veganews.eu

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