Où sont passées les vastes forêts sous-marines de la Tasmanie?

Vous n’avez probablement jamais entendu parler des forêts de kelp, mais ces écosystèmes importants sont en voie de disparition. Aujourd’hui plus que 95% des forêts de kelp qui existaient au long de la côte de la Tasmanie ont disparu. Ces forêts sont composées de macroalgues brunes (kelp,”le varech”, l’ordre des Laminariales) qui poussent principalement dans les régions tempérées et arctiques. Tout comme les barrières de corail, les forêts de kelp sont absolument essentielles à la biodiversité de la flore et de la faune qu’elles hébergent. Le kelp fournit de la nourriture et de l’abri à des espèces à tous les niveaux de la chaîne alimentaire. Que se passe-t-il  avec ces forêts sous-marines?

La température

Les forêts de kelp sont en train de disparaître rapidement, pourtant il n’y a pas de ‘déforestation’ en tant que telle. Le réchauffement rapide de l’eau océanique est la cause principale de la destruction de ces merveilles des océans tempérés.

Nos forêts de kelp géants ne sont aujourd’hui qu’une fraction minuscule de leur ancienne gloire“, explique Craig Johnson, chercheur à l’Institut des études marines et antarctiques de l’Université de Tasmanie. “Cet écosystème était une caractéristique emblématique de l’est de la Tasmanie, et il ne l’est plus.

Photo de Ed Bierman CC BY 2.0 A diver in a kelp forest off the coast of California

Ce n’est pas la Grande Barrière de Corail, mais c’est son équivalent; une jungle sous-marine qui, au milieu du siècle passé, parcourait 250 kilomètres le long de la côte orientale de la Tasmanie. Les ‘arbres’ arrivaient jusqu’à 45m en hauteur (Macrocystis pyrifera) les plus grandes algues du monde. Mick Baron, un plongeur et biologiste marin, est allé à la recherche de la dernière parcelle  située à l’extrême sud de la côte est. C’était la dernière parcelle restante de la grande forêt de l’Est qui, autrefois, s’étendait  de manière ininterrompu de la côte d’Eddystone Point à la péninsule de Tasman. Malheureusement quand Baron est arrivé, une tempête puissante avait arraché les algues des rochers au-dessous. Baron plonge dans cette région depuis les années 70. A l’époque c’était impossible de passer avec un bateau car le tapis de kelp était trop dense.  “Il y a toutes ces années, c’était partout. Je veux dire que c’était commun comme de la boue », dit-il. “Maintenant, c’est juste parti.”

«C’est comme si vous voyez une forêt que vous avez déjà connue, se transformer en un désert», explique un scientifique.

Photo : Eric T Gunther, A kelp forest off of the coast of Anacapa Island, California, CC BY-SA 3.0

Le réchauffement du climat global a perturbé les courants d’eau de l’océan pacifique qui repoussaient les eaux chaudes loin de la Tasmanie. Ce système est totalement perturbé ce qui fait que des courants d’eau chaude, pauvres en nutriments arrivent sur les côtes de l’île. A cause de ces changements, la côte orientale de la Tasmanie a connu le réchauffement le plus rapide sur Terre : les températures ont augmenté 2-3 fois plus rapidement que la moyenne globale. Les eaux qui arrivent maintenant sont pauvre en azote dont le kelp a absolument besoin pour maintenir son taux de croissance spectaculaire ( 50-60 centimètres par jour).  D’un côté les plantes sont stressées par la différence de température et d’un autre côté elles sont affamées par l’eau qui est pauvre en nutriments. La combinaison est mortelle.  De plus ces changements ont favorisé l’invasion d’oursins, petits animaux sous-marins qui pâturent tout ce qu’il y a devant eux. Ils empêchent la régénération du kelp et créent des véritables déserts. Afin de diminuer leur population, certains chercheurs ont commencé à introduire plus d’homards qui sont l’ennemi naturel des oursins. Ils essaient également de limiter la pêche d’homards dans le but de maintenir la stabilité de leur population.

Solution?

Malheureusement, il n’y a pas de solution miracle à ce problème. Nous allons témoigner l’effondrement de beaucoup d’écosystèmes dans l’avenir. Le changement climatique apporte énormément d’instabilité à travers le globe entier. Les écosystèmes les plus sensibles sont les premiers à en souffrir. Nous devons agir au niveau local afin d’atténuer les conséquences du changement climatique dans la mesure du possible, mais il n’y aura pas de solution réelle sauf si nous ne trouvons pas une manière de coopérer et d’agir à l’échelle globale. Tant que nous manquons la volonté politique nécessaire, le changement de nos systèmes de production et de consommation sera beaucoup trop lent pour répondre à l’urgence de la crise écologique qui est en cours. Nous devrions faire ce qui est possible au niveau individuel afin de réduire nos émissions de Co2, mais nous devrions également presser nos gouvernements à prendre les problèmes écologiques au sérieux.

Aleks Evtimov

Je suis le créateur et le gestionnaire des communautés 'Plus d'Arbres Moins de Connards', 'Je ne suis plus un mouton', 'L'univers est en nous' et 'More Trees Less Assholes'. Depuis cinq ans nous utilisons les réseaux sociaux ensemble dans le but de donner une voix à ceux qui n'en ont pas. Je créé du contenu sur la déforestation, le changement climatique, le bien être des animaux et la pollution et grâce à vos interactions ces informations atteignent des millions de personnes chaque année. J'aime bien toucher à d'autres problèmes modernes, tels que l'intelligence artificielle et son impact sur l'économie et les réseaux sociaux et leur impact sur notre société et nos systèmes politiques.

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