Nous ne pouvons pas résoudre la crise écologique seulement en tant que consommateurs

Si nous souhaitons protéger l’environnement naturel nous devons sans doute devenir des consommateurs conscients. Les choix que nous faisons ont un impact direct sur la demande et peuvent influencer directement la production industrielle. Ceci dit, il est important de nous rendre compte que nous ne pouvons pas résoudre la crise écologique uniquement à travers nos choix en tant que consommateurs. Voici pourquoi.

Prenons l’exemple de la déforestation. Les forêts auront toujours une valeur économique et tant qu’il n’y a pas des lois qui protègent explicitement ces écosystèmes les industries trouveront toujours une manière de les saccager pour faire de l’argent. On peut boycotter l’huile de palme et on devrait le faire, mais même si nous imaginons un monde où plus personne ne le consomme les industries trouveront une autre manière d’exploiter les ressources de la forêt ou les ressources du sol qui se trouve en dessous. La consommation de viande est un autre exemple. Il est primordial que nous réduisons notre consommation de viande car la déforestation en Amazonie est engendrée principalement par la production de nourriture de bétail. Mais même si la demande de soja et de bœuf diminue drastiquement le gouvernement brésilien autorisera les corporations à exploiter la forêt à une fin différente. Ils trouveront une autre manière de convertir les richesses de la forêt et du sol en profit pour les actionnaires.

Notre pouvoir en tant que consommateurs a des limites que nous pouvons dépasser uniquement en utilisant notre pouvoir en tant que citoyens. Nous devons convaincre nos politiciens que la protection de l’environnement est le sujet le plus pressant de notre époque et qu’ils doivent prendre des mesures urgentes et efficaces. Et cette action politique ne se limite pas aux frontières de nos pays, on peut non seulement influencer les lois françaises ou belges, mais on peut également avoir un impact sur la politique au Brésil ou en Indonésie par exemple. C’est pour cela que la diplomatie et les organisations internationales existent. Nous devons exiger de nos gouvernements d’utiliser tous les moyens économiques et diplomatiques pour coopérer et soutenir les pays qui abritent la majorité de la biodiversité sur Terre. Tous les gouvernements doivent unir leurs forces pour qu’ils puissent protéger les milieux naturels efficacement. Ils doivent reconnaître la valeur des écosystèmes vivants, car actuellement un écosystème n’a de la valeur économique que quand il est détruit. Nous devons reconnaître qu’au delà du bois, du pétrole, de l’huile de palme et du soja ou de la chair animale, les écosystèmes créent énormément de richesses sous forme d’eau, d’oxygène et de stabilité climatique. Ce genre de changements ne peuvent se faire qu’à travers des lois et des traités internationaux et nous ne pouvons pas influencer cette politique en tant que consommateurs.

Cela ne veut pas dire que nous ne devons pas faire de notre mieux pour consommer consciemment et dans une optique minimaliste, c’est une partie absolument indispensable de la solution. Mais on ne peut pas se limiter à elle. Nous n’allons jamais résoudre la crise écologique si nous n’utilisons pas tous les mécanismes démocratiques qui sont à notre disposition.

Aleks Evtimov

Je suis le créateur et le gestionnaire des communautés 'Plus d'Arbres Moins de Connards', 'Je ne suis plus un mouton', 'L'univers est en nous' et 'More Trees Less Assholes'. Depuis cinq ans nous utilisons les réseaux sociaux ensemble dans le but de donner une voix à ceux qui n'en ont pas. Je créé du contenu sur la déforestation, le changement climatique, le bien être des animaux et la pollution et grâce à vos interactions ces informations atteignent des millions de personnes chaque année. J'aime bien toucher à d'autres problèmes modernes, tels que l'intelligence artificielle et son impact sur l'économie et les réseaux sociaux et leur impact sur notre société et nos systèmes politiques.

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