Les trois types de climatosceptiques

Sauf si nous rencontrons un désastre de plus grande ampleur, tel qu’une guerre thermonucléaire, nous pouvons être sûrs que le sujet du changement climatique sera d’actualité durant toutes nos vies. Je crains que nous allons même devoir débattre de la validité de la théorie du changement climatique pendant de très longues années à venir.  On ne risque pas de diminuer nos émissions de gaz à effet de serre d’une manière miraculeuse, surtout si nous n’arrivons pas à reconnaître que ceci devrait être le principal objectif de nos institutions dans les décennies à venir. L’essor du climatosceptisisme met en avant les limites de nos systèmes démocratiques.

Beaucoup d’entre nous croient que les gens qui nient la réalité scientifique du changement climatique ne représentent qu’une petite minorité de la population générale et que ce mouvement ne comprend que les PDGs des compagnies pétrolières et leurs lobbyistes. Malheureusement ceci n’est pas le cas. La bataille environnementale est surtout une bataille d’information et d’organisation que les industries n’ont pas envie de perdre.  Les parties qui ont un intérêt financier savent qu’ils ont besoin du soutien d’une partie importante de la population, sinon nos institutions pourraient commencer à agir sérieusement pour résoudre le problème, ce qui leur coûterait beaucoup d’argent. Ils savent aussi qu’ils n’ont pas besoin de convaincre tout le monde que le changement climatique est une ruse, ils ont juste besoin de propager le doute, afin de décourager l’action politique et individuelle.  Le pire c’est que nous avons tous tendance à nier le changement climatique d’une manière naturelle, il ne faut donc pas grande chose pour bloquer le progrès.  Je vois trois catégories générales de personnes qui nient la science du changement climatique.

Ceux qui mentent

Il existe une petite catégorie de gens qui nient activement le changement climatique et qui savent très bien qu’ils sont en train de mentir. Ce sont les personnes qui ont des intérêts économiques importants dans les industries qui sont à la source du problème. Les compagnies pétrolières étaient parmi les premières à comprendre le mécanisme du changement climatique sur base de leurs propres recherches. Ensuite, ils ont dû investir des millions pour essayer de rassurer les gens que leur activité économique n’est pas en train de détruire l’équilibre de l’atmosphère de la Terre. Il ne s’agit pas seulement des compagnies pétrolières mais de tous les autres secteurs économiques et financiers qui voient un intérêt direct dans l’inaction climatique.

Ceux qui sont honnêtes

La grande majorité des gens qui ne croient pas au changement climatique sont sincères dans leurs croyances. Ils ont été influencé par la propagande des climatosceptiques de la première catégorie, ou bien ils ont eu une réaction spontanée contre la réalité scientifique. A mon avis, la source de leur déni est principalement idéologique. Par exemple, les gens qui croient que les principes du marché libre sont suffisants pour organiser notre économie, sont souvent des climatosceptiques. La réalité du changement climatique n’est pas compatible avec leur idéologie économique car elle la remet totalement en question. A la place d’essayer d’adapter leur vision politique face aux faits, ils choisissent de croire aux faits qui correspondent mieux à leurs croyances politiques.

Une autre source de climatosceptitisme concerne encore plus de gens, et ils n’ont pas spécialement des à priori idéologiques incompatibles. Quand nous entendons parler du changement climatiques, nous pouvons nous sentir attaqués car nos activités quotidiennes contribuent à la destruction globale. Personne ne veut admettre que ses actes sont à la source de la dégradation des écosystèmes. Si on accepte les faits on devient responsable devant nos propres yeux et ce n’est pas quelque chose qui est facile à avaler. Personne ne veut tuer des animaux, dégrader des forêts et polluer des océans d’une manière intentionnelle. Alors la manière la plus simple de garder notre conscience tranquille est de nier les faits qui nous rendraient complices.

Ceux qui ne se rendent pas compte de la gravité de la situation

Dans cette troisième catégorie j’inclus les gens qui savent que le changement climatique existe, mais que leurs actes ne reflètent pas la gravité de la situation. Une grande partie des politiciens qui parlent du changement climatique utilisent le sujet pour attirer l’attention des gens, mais ne proposent pas de solutions qui correspondent à sévérité du problème qui est devant nous. Malheureusement tel est le cas pour la grande majorité des gens et je me vois comme quelqu’un qui fait partie de cette catégorie. Nous n’avons pas évolué pour réagir correctement à des problèmes qui sont si complexes et abstraits. Pendant la plupart du temps mes émotions sont dirigées vers des problèmes totalement banales. J’ai fait certains efforts pour réduire mon empreinte de carbone, je travaille tous les jours pour disséminer de l’information relative à la destruction de l’environnement. Malgré mes efforts, mes pensées et mes actes ne correspond pas encore au caractère redoutable de la crise environnementale, je sais que je pourrais investir encore plus d’énergie et de créativité dans ce combat. Même ceux qui ne nient pas la réalité du changement climatique n’arrivent pas à incarner ces informations dans notre mode de pensée et notre mode de vie.

Le développement des réseaux sociaux nous a offert une liberté de communiquer sans précédent. Nous avons la capacité de communiquer avec des gens du monde entier, nous pouvons identifier les problèmes, échanger nos expériences et adopter de nouvelles solutions à une vitesse inédite. Malheureusement, ces mêmes outils informatiques sont utilisés par ceux qui veulent faire tout ce qui est possible pour ralentir le progrès. Pour finir l’article sur une note positive, je dirais que ce qui est certain, c’est que les mentalités des gens évoluent, lentement, mais sûrement.

Aleks Evtimov

Je suis le créateur et le gestionnaire des communautés 'Plus d'Arbres Moins de Connards', 'Je ne suis plus un mouton', 'L'univers est en nous' et 'More Trees Less Assholes'. Depuis cinq ans nous utilisons les réseaux sociaux ensemble dans le but de donner une voix à ceux qui n'en ont pas. Je créé du contenu sur la déforestation, le changement climatique, le bien être des animaux et la pollution et grâce à vos interactions ces informations atteignent des millions de personnes chaque année. J'aime bien toucher à d'autres problèmes modernes, tels que l'intelligence artificielle et son impact sur l'économie et les réseaux sociaux et leur impact sur notre société et nos systèmes politiques.

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