Les parallèles entre le réchauffement climatique et la disparition des vers de terre

Essayons d’établir quelques parallèles entre la disparition des vers de terre et la crise climatique.  Les deux sujets semblent très différent, mais en réalité ils ont beaucoup d’aspects communs.

Invisible

Tout d’abord, ce sont des problèmes invisibles. Nous ne pouvons pas vraiment percevoir le changement climatique. Nous pouvons avoir l’impression qu’il fait plus chaud ou plus froid, plus sec ou plus humide. Nos observations personnelles ne constituent pas une preuve de ce qui se passe avec le climat car nous sommes confrontés à des conditions météorologiques sur une échelle minuscule. Le fait que nous ne pouvons pas observer le changement du climat par nos propres moyens rend le problème invisible pour la plupart des gens qui n’ont pas accès aux outils scientifiques et technologiques qui nous permettent d’évaluer le réchauffement de la Terre.

La disparition des vers de terre est, peut-être, encore plus invisible et difficile à constater. Déjà, la plupart des gens habitent dans les villes et même parmi ceux qui habitent à la campagne, une petite fraction s’occupe des sols. C’est donc difficile de constater la disparition d’un petit animal qui vit sous le sol très loin d’où nous habitons. Et puis, tout comme avec le changement climatique, nos propres observations peuvent être trompeuse. Si on creuse un peu dans notre jardin et on constate qu’au fil du temps la quantité de vers de terre n’a pas changé, on peut se dire que le problème n’existe pas. En réalité,  nous ne produisons pas notre nourriture dans nos petits jardins. Pour nourrir notre population, nous utilisons l’agriculture intensive à très grandes échelles. Et quand nous allons sur les champs industriels, nous découvrons une histoire très différente: les populations de vers sont en train de s’effondrer à cause de nos pratiques agricoles destructrices. Malheureusement, les médias qui veulent en parler sont peu nombreux et les gens qui veulent s’en préoccuper ne sont pas très nombreux non plus. Donc quand la crise demeure invisible aux yeux de l’individu et de la société, c’est facile d’être ‘climato-sceptique’ ou ‘ver-sceptique’.

Global

Le changement climatique et un problème global qui concerne tous les pays du monde. Nous partageons tous la même terre, le même climat. Contrairement à l’atmosphère qui affecte directement le climat de toute la planète, la crise des vers de terre est liée à la manière dont nous exploitons les sols et apparaît donc comme un problème local. Pourtant, la crise du ver de terre est aussi globale. N’oublions pas que nous vivons dans un monde de plus en plus connecté du point de vue économique, technologique et politique. Cette interconnexion entre les pays n’est pas forcément négative, mais dans le climat politique actuel les conséquences négatives se multiplient. C’est difficile pour un producteur ou pour un pays de choisir d’abandonner l’agriculture intensive, car il perdra facilement sa place sur le marché national ou mondial. Tant que notre économie et l’économie globale sont centrées sur le profit à court terme, nous pouvons être certain que la production chimique sera plus rentable qu’une production durable. Nous ne pouvons pas espérer de résoudre un problème global sans que tous les pays ce mettent à coopérer pour trouver des solutions.

Responsabilité

C’est difficile à dire qui est responsable du réchauffement climatique.  Est-ce que ce sont les consommateurs qui achètent ce que les compagnies polluantes produisent ? Est-ce que c’est le gouvernement qui donne la permission aux industries de produire d’une manière irresponsable, sans tenir compte des dégâts causés par cette production ? Où est-ce que sont encore une fois les individus qui, en tant que citoyens, continuent à élire des politiciens qui ne montrent pas la volonté de changer un système politique et économique qui ne défend pas les intérêts de la majorité des gens ?

Avec les vers de terre histoire est très similaire, ce n’est pas évident d’identifier le coupable et personne ne se sent directement responsable. Est-ce qu’on doit blâmer les compagnies qui utilisent des pratiques agricoles destructrices pour s’enrichir au maximum sur le court terme?  Est-ce que nous devons blâmer gouvernement qui est au courant de cette crise, mais refuse d’en parler et encore moins de prendre des mesures adéquates et urgentes? Ou est-ce que ce sont les gens qui ont la responsabilité d’acheter des produits plus éthiques et écologiques et de se révolter contre la classe politique qui s’en fout de l’environnement et du futur de notre espèce? Quand nous avons du mal à établir la responsabilité, c’est très facile de ne rien faire jusqu’à ce qu’il soit trop tard.

L’urgence

Le dernier parallèle porte sur l’urgence et la nature radicale des solutions que nous devons appliquer. Le changement climatique et le la disparition des vers de terre menacent gravement l’existence de notre civilisation et même de notre espèce. Nous n’allons pas réussir à résoudre le changement climatique en diminuant nos émissions un peu ici et là, nous n’avons plus le temps pour ce genre de changement lent et progressif. Nous nous trouvons devant l’obligation de restructurer notre secteur énergétique et nos moyens de production d’une manière dramatique.

Pareil pour les vers de terre, nous pouvons bannir l’utilisation d’un pesticide ou d’un autre, mais si nous souhaitons vraiment arrêter le déclin de la biodiversité et stopper l’érosion des sols, nous devons repenser notre manière de produire notre la nourriture d’une manière fondamentale. Nous devons admettre que pour produire d’une manière vraiment durable, nous sommes obligés de coopérer avec la nature et non pas de l’exploiter. Nous allons devoir investir beaucoup plus de ressources financières et humaines dans le secteur de l’agriculture si nous souhaitons faire un passage vers la permaculture qui est la seule promesse d’une production durable.

Pour l’instant ce que je vous propose c’est d’allumer le débat public sur la question. Commencez en partageant et visitez le #semaineduver sur Facebook pour voir toutes les publications que nous partagé durant la semaine.

Aleks Evtimov

Je suis le créateur et le gestionnaire des communautés 'Plus d'Arbres Moins de Connards', 'Je ne suis plus un mouton', 'L'univers est en nous' et 'More Trees Less Assholes'. Depuis cinq ans nous utilisons les réseaux sociaux ensemble dans le but de donner une voix à ceux qui n'en ont pas. Je créé du contenu sur la déforestation, le changement climatique, le bien être des animaux et la pollution et grâce à vos interactions ces informations atteignent des millions de personnes chaque année. J'aime bien toucher à d'autres problèmes modernes, tels que l'intelligence artificielle et son impact sur l'économie et les réseaux sociaux et leur impact sur notre société et nos systèmes politiques.

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