La fausse dichotomie entre l’économie et l’environnement

Les manifestations en France ont donné lieu à de nombreux débats sur le lien entre les problèmes sociaux, économiques et environnementaux. La plupart des principaux médias en Europe et aux États-Unis ont peint les revendications des Gilets Jaunes d’une manière qui crée une fausse dichotomie entre les opportunités économiques et la justice sociale d’un côté et le progrès écologique de l’autre. En réalité, les questions sociales et environnementales ne sont pas contradictoires et j’ose dire que la plupart des manifestants en ont conscience.

L’austérité ne résoudra pas le changement climatique

Les problèmes environnementaux ne peuvent être résolus par des politiques d’austérité. La réduction d’un peu des émissions ici et là n’aidera pas non plus. Les changements climatiques exigent des changements profonds, une restructuration de nos économies. Et ceci pourrait être très bénéfique pour la plupart des travailleurs. Aux États-Unis, en 2016, il y avait plus de trois millions d’emplois dans les énergies renouvelables, contre seulement un million dans les énergies fossiles. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’industrie des combustibles fossiles ne souhaite pas de révolution énergétique: il est beaucoup moins coûteux d’utiliser des machines de forage que les humains. Si vous devez employer plus de personnes pour générer la même quantité d’énergie plus propre, vous obtiendrez probablement beaucoup moins de bénéfices. Bien que ce soit une mauvaise nouvelle pour les actionnaires, c’est une excellente nouvelle pour les chômeurs, les sous-payés et la santé de l’économie en général.

Les taxes à la consommation sur des produits tels que les huiles, la viande et le pétrole peuvent être des outils très utiles dans la lutte contre la destruction de l’environnement, mais elles ne seront jamais en mesure de résoudre les problèmes. Nous devons créer l’infrastructure nécessaire à une économie renouvelable et les forces du marché sont totalement incapables de réaliser ce changement par elles-mêmes. Nous avons besoin de réglementations strictes et novatrices et de sérieux investissements dans la nouvelle économie verte. Et tout cela doit se faire d’une manière très urgente si nous souhaitons atténuer les pires conséquences du changement climatique.

Nous avons besoin d’une infrastructure verte

Je ne peux pas parler au nom des autres, mais je n’ai pas l’impression que les gilets jaunes protestent contre la taxe sur le carbone, juste par caprice. Beaucoup de gens doivent aller travailler sur une grande distance avec leur voiture et ils n’ont pas d’autres options convenables à leur disposition. Il ne suffit pas de taxer le pétrole, il est nécessaire de construire et d’améliorer  l’infrastructure de services de transport qui les amènerait à travailler de manière moins chère et plus écologique. Et il faut trouver des manières pour inciter les gens à utiliser le réseaux public. On devrait aussi fournir de bonnes opportunités de travail dans les endroits où les gens vivent. La technologie durable peut faire les deux.


Les taxes ne sont pas le problème

La France est un pays qui a eu un État social fort pendant une très longue période, c’est l’un des traits les plus caractéristiques de la démocratie française. La majorité des gens ne s’opposent pas à la taxation d’une manière générale, ils n’ont tout simplement pas l’impression que l’argent des impôts est dépensé d’une manière qui améliore leur qualité de vie. Depuis le krach économique de 2008, la politique fiscale de l’Europe est essentiellement axée sur le démantèlement de l’état social et du système de santé, combinée à la privatisation des services publics. Les européens en ont marre!

“L’économie durable, ça coûte trop cher”

La vraie transition écologique nous coûtera beaucoup de l’argent, car elle nous obligera à restructurer de nombreux secteurs importants de notre économie. Nous entendons souvent dire que nous ne pouvons pas nous permettre d’avoir une économie verte. En réalité son prix est minime par rapport aux coûts associés à notre inaction face au changement climatique. En outre, ces changements dans notre économie pourraient être très bénéfiques pour la plupart des gens. Ils ne vont pas seulement redistribuer les ressources, ils ont aussi la capacité de démocratiser le pouvoir, comme dans le cas de la production d’énergie renouvelable. Nous allons devoir ajuster nos habitudes de consommation et les taxes peuvent certainement nous aider à le faire, mais elles ne peuvent le faire toutes seules. Je ne suis pas économiste, mais je pense que l’austérité ne résout pas les problèmes écologiques, elle ne fait que les exacerber. Elle ne peut pas construire  l’infrastructure et ne peut certainement pas créer l’économie verte dont nous avons besoin. La pollution et la déréglementation environnementale seront toujours plus rentables que des modes de production responsables…

Soyons unis

Ne craquez pas pour le discours des médias et des politiciens qui voudraient nous diviser en deux camps. Nous pouvons avoir la justice économique, sociale et environnementale en même temps. En fait, nous ne pouvons pas avoir la justice sociale sans justice environnementale. Les populations les plus pauvres sont les plus touchées par la pollution et le changement climatique, et la pauvreté peut souvent engendrer plus de destruction environnementale. La crise environnementale pourrait nous offrir l’opportunité de résoudre beaucoup de problèmes économiques et sociaux, mais elle pourrait aussi les exacerber. Tout dépend des solutions que nous allons mettre en place.

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Je suis le créateur et le gestionnaire des communautés 'Plus d'Arbres Moins de Connards', 'Je ne suis plus un mouton', 'L'univers est en nous' et 'More Trees Less Assholes'. Depuis cinq ans nous utilisons les réseaux sociaux ensemble dans le but de donner une voix à ceux qui n'en ont pas. Je créé du contenu sur la déforestation, le changement climatique, le bien être des animaux et la pollution et grâce à vos interactions ces informations atteignent des millions de personnes chaque année. J'aime bien toucher à d'autres problèmes modernes, tels que l'intelligence artificielle et son impact sur l'économie et les réseaux sociaux et leur impact sur notre société et nos systèmes politiques.

  1. Thierry Curty

    C’est très bon, mais quelques nuances :

    « Aux États-Unis, en 2016, il y avait plus de trois millions d’emplois dans les énergies renouvelables, contre seulement un million dans les énergies fossiles »

    Oui, aujourd’hui c’est vrai et ça va encore augmenter. Mais ça va durer au plus vingt ans, après ça va s’effondrer, c’est juste le temps de créer les infrastructures. Entre-temps l’intelligence artificielle aura bouffé les emplois industriels, les infrastructures seront achevées, il n’y aura plus d’emplois. Le téléphone a généré énormément d’emplois durant 50 ans, aujourd’hui il n’y a plus grand-monde qui bosse pour le téléphone.

    « les forces du marché sont totalement incapables de réaliser ce changement par elles-mêmes. Nous avons besoin de réglementations strictes et novatrices et de sérieux investissements dans la nouvelle économie verte. »

    Ben non, c’est le contraire, ce ne sont QUE les forces du marché qui peuvent réaliser ce changement. Les réglementations ne peuvent servir qu’à permettre le déploiement d’une économie écologique. Et chaque contrainte portée par une réglementation “stricte” est une menace pour la croissance. Or comme le sous-tend ce paragraphe, l’écologie nécessite de très lourds investissements. Sans croissance, pas d’investissements, donc pas d’écologie.

    « On devrait aussi fournir de bonnes opportunités de travail dans les endroits où les gens vivent. »

    En réalité, il faut renoncer à l’emploi. Il n’y aura pas de transition écologique tant que des masses de gens devront se déplacer pour aller vivre aux crochets d’une entreprise en prenant la place d’un robot, bien plus écologique qu’eux. Il faut que les gens restent chez eux à s’occuper de leurs foyers ou agissent, en coopérant ou collaborant, localement. C’est non seulement le premier poste de gain écologique, mais aussi le confortable et porteur d’avenir pour tous.

    Pas d’avenir sans #TransitionSociétale, de laquelle dépendent toutes les autres. Sans elle, pas de #TransitionEnergétique, pas de #TransitionAgrobiologique, pas de #TransitionEcologique.

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