La destruction des forêts tempérées humides, massive et inaperçue

Quand nous pensons au sujet de la déforestation des forêts humides, nos esprits se tournent instinctivement vers les forêts tropicales. Nous entendons beaucoup moins sur les forêts tempérées humides qui sont tout aussi, voir plus menacées que leurs cousines tropicales.

L’île de Vancouver abrite une des plus anciennes forêts de ce type, ou en tout cas, ce qu’il en reste. Cette forêt ancienne canadienne fût un trésor de la biodiversité du pays, mais son exploitation continue à ce jour. Le gouvernement canadien réclame qu’on ne peut pas comparer la déforestation sur cette île à la déforestation des forêts tropicales, car les autorités veillent à replanter les arbres. Le problème est évident, la forêt pousse lentement. Les jeunes arbres n’offrent pas les mêmes conditions de vie pour les nombreuses espèces qui ont évolué pour vivre dans un habitat créé par des vieux arbres géants. On peut considérer le bois comme une ressource renouvelable, mais sur une échelle temporaire beaucoup plus importante. Si nous permettons aux arbres de pousser pendant des siècles avant que nous de commencer à récolter du bois , l’industrie ne sera pas très lucrative.

C’est le cas avec la vaste majorité des anciennes forêts, elles valent beaucoup plus que les ressources que nous pouvons en extraire. La forêt de l’île de Vancouver a la capacité de stocker d’énormes quantités de carbone, jusqu’à 1000 tonnes par hectare. Ce chiffre dépasse la capacité de stockage de la plupart des forêts tropicales humides. Dans le cadre du stockage de carbone, la replantation s’avère encore une fois peu efficace. La forêt prendra des siècles avant qu’elle puisse attendre la capacité de stockage de carbone d’une forêt similaire qui est intacte.

Compte tenu de l’importance et de la rareté des forêts tempérées humides, il est difficile d’imaginer qu’un pays aussi riche que le Canada continue à les exploiter. L’organisation environnementale Sierra Club a déclaré que 30% des forêts anciennes de l’île de Vancouver ont été exploitées entre 1990 et 2015, d’après sa propre analyse cartographique. Ce rythme de destruction dépasse même le rythme de la déforestation des forêts tropicales, qui a tourné aux environs de 10 % pour la même période.

“Évidemment, nous vivons dans une partie du monde où nous ne sommes pas confrontés aux défis économiques comme de nombreux pays en voie de développement, il ne devrait donc y avoir aucune question sur ce qu’il faut faire”, a déclaré Jens Wieting, un expert de Sierra Club, devant le Times Colonist.

Le gouvernement locale justifie l’exploitation des forêts avec la création d’emploi, une excuse que nous entendons sans cesse dans le contexte de pratiquement n’importe quelle crise environnementale. Tous les gouvernements essaient de nous faire croire que la dégradation des écosystèmes est nécessaire pour nos économies, mais nous avons de plus en plus de preuves du contraire. Même si nous mettons de côté la valeur de la biodiversité qui est inestimable, la destruction des écosystèmes déstabilise le climat global, ce qui n’est pas une bonne chose pour l’économie locale ou mondiale. Nous devons tenir compte du coût environnemental quand nous faisons nos budgets, sinon nous continueront à créer une énorme dette envers la nature qui sera payée dans les années à venir.

Sources : straight timescolonist aljazeera

Aleks Evtimov

Je suis le créateur et le gestionnaire des communautés 'Plus d'Arbres Moins de Connards', 'Je ne suis plus un mouton', 'L'univers est en nous' et 'More Trees Less Assholes'. Depuis cinq ans nous utilisons les réseaux sociaux ensemble dans le but de donner une voix à ceux qui n'en ont pas. Je créé du contenu sur la déforestation, le changement climatique, le bien être des animaux et la pollution et grâce à vos interactions ces informations atteignent des millions de personnes chaque année. J'aime bien toucher à d'autres problèmes modernes, tels que l'intelligence artificielle et son impact sur l'économie et les réseaux sociaux et leur impact sur notre société et nos systèmes politiques.

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