Il a passé 40 ans seul dans les bois, maintenant les scientifiques l’adorent

C’est l’histoire surprenante de billy barr (il préfère écrire son nom en minuscules) qui a vécu pendant plus de 40 ans dans une ville abandonnée – Gothic, Colorado. La ville est située dans un endroit isolé, dans le nord des Montagnes Rocheuses. Aujourd’hui billy est devenu connu dans le monde scientifique à cause d’un travail très important qu’il a fait en tant que hobby pendant toutes ces années d’isolement.

Billy était un jeune étudiant de science environnementale quand il a décidé d’arrêter ses études et d’abandonner la vie de la ville pour toujours.  La vie stressante de la ville ne lui convenait pas et une fois qu’il s’est retrouvé dans la sérénité des Montagnes Rocheuses il n’a plus voulu quitter l’endroit. Il a essayé de passer son premier hiver dans une tente, mais le froid est devenu trop insupportable. Il a déménagé dans une cabane d’exploitation minière abandonnée qui se trouvait pas loin de son camping improvisé. La cabane était faite en lattes de bois qui laissaient le vent glacial passer à travers comme si les murs n’existaient pas. Ses seuls compagnons étaient une moufette et une martre des pins avec lesquels il partageait son refuge.  Plus tard il a construit sa propre maison où il vit encore. Aujourd’hui sa maison est équipée de panneaux solaires et d’autres technologies modernes qui lui facilitent la vie dans cet environnement rugueux.

Depuis l’hiver de 1974, billy a récolté des données météorologiques précieuses. Il a quitté la ville pour retrouver la solitude, mais durant cet premier hiver il s’est senti un peu trop seul et ennuyé. Pour se divertir il a commencé à prendre des notes d’une manière très systématique. Il a observé son environnement et a enregistré toutes ses observations quotidiennes dans des cahiers. Il a noté les températures, il a calculé la profondeur de la neige ainsi que sa teneur en eau et sa densité. Il a également pris note des mouvements et migrations des animaux. Il a soigneusement transcrit tous ses rencontres avec les oiseaux et mammifères qui passaient près de sa cabane.

Il a noté le jour de la fonte de la glace, le début du printemps ainsi que les premières chutes de neiges et le début de l’hiver. Toutes ces observations ont rempli plusieurs cahiers qui constituent un vrai registre scientifique, créé par un amateur. Aujourd’hui, son travail est considéré comme très précieux par la communauté scientifique, qui a utilisé et cité ses recherches dans plusieurs études qui portent sur le changement climatique.

Les données de billy barr seraient probablement restées inconnues s’il n’habitait pas à proximité du Rocky Mountain Biological Laboratory (RMBL), l’un des plus importants sites de recherche en phénologie au monde (La phénologie est l’étude de l’apparition d’événements périodiques dans le monde vivant, déterminée par les variations saisonnières du climat.. ). Au cours des deux dernières décennies, les scientifiques du RMBL sont devenus fascinés par l’impact du changement climatique sur les plantes et les animaux en haute montagne. En observant l’environnement changeant des Montagnes Rocheuses, ils espèrent tirer des leçons qui concernent l’avenir de toute la vie sur Terre.

Ce qui leur manquait c’était des observations à long terme, car sans un contexte historique il est difficile de montrer qu’il y a une tendance générale. Il ont pu observer que la neige printanière fond un peu plus tôt, et que les fleurs ont fleuri plus tôt, mais ils avaient besoin de mettre ces données dans un contexte historique plus large. A ce niveau là les observations de billy barr étaient particulièrement précieuses.  

Il a fait ses observations pendant de très longues années, sans être au courant de l’impact qu’elles allaient avoir dans l’avenir. Pendant des décennies il a noté tout ce qu’il observait juste pour se divertir. Il n’avait aucune notion de ce qui est le changement climatique et il n’espérait pas que son travail sera utile aux autres. Malheureusement ces découvertes sont troublantes, le climat est en train de changer à grande vitesse et ceci a un impact incontestable sur l’écosystème.

Aujourd’hui billy a 66 ans, il est en bonne santé et espère pouvoir continuer son travail pendant de longues années à venir. L’hiver passé il a skié sur plus de 900 kilomètres ! Dans 5 ans il aura collecté des données sur le climat sur une période de 50 ans et il aimerait continuer à faire son travail même après. Vous pouvez voir l’endroit où il habite dans cette vidéo de National Geographic.

Sources : nationalgeographic theatlantic 

Aleks Evtimov

Je suis le créateur et le gestionnaire des communautés 'Plus d'Arbres Moins de Connards', 'Je ne suis plus un mouton', 'L'univers est en nous' et 'More Trees Less Assholes'. Depuis cinq ans nous utilisons les réseaux sociaux ensemble dans le but de donner une voix à ceux qui n'en ont pas. Je créé du contenu sur la déforestation, le changement climatique, le bien être des animaux et la pollution et grâce à vos interactions ces informations atteignent des millions de personnes chaque année. J'aime bien toucher à d'autres problèmes modernes, tels que l'intelligence artificielle et son impact sur l'économie et les réseaux sociaux et leur impact sur notre société et nos systèmes politiques.

  1. Christine wicol

    Bravo Billy barr, pour un homme qui aime et respecte la nature il y en a mille qui polluent, souillent et détruisent la nature. C’est un choix de vie peut être extrême mais fascinant.

  2. Geneviève

    Je m’incline devant toutes vos forces rassemblées monsieur b. Le choix de vivre seul dans la nature comme refuge vous a permis d’éviter une surabondance d’informations négatives de cette existence en société. Votre esprit et votre coeur sont sans doute beaucoup plus en harmonie que la majorité des gens. Une richesse, une promesse de toujours être fidèle a vos sentis sans l’influence du rythme trop rapide de la société. Un choix noble vous avez fait. Respect à vous monsieur b.

    • Geneviève

      Suite de mon commentaire laissé quelques heures plus tôt…
      C’est une option qui parfois m’est venue en tête afin de me protéger des gens pilleurs de vie desquels mon destin m’a trop souvent mise en présence de ces briseurs de paix. Et ce, en allant toujours vers le plus dangereux de tous. Quand je dis dangereux, le mot est bien pesé. La peur pour ma propre vie, ma peur de lui tout court ne sera jamais aussi grande que ce dont il a fait contre moi. M’écraser de mensonges et de mots d’une violence insupportable dont seul lui connaît et qu’il renie bien entendu. À tout jamais ma leçon est comprise.

      Maintenant, il ne reste que l’option de faire confiance à une certaine Justice simplement pour ériger mon mur protection. Sans ce mur, jamais je ne m’en serais sortie. Sans les conseils de professionnels je serai encore à ramper de peur sous le tapis.

      Alors, oui pour le refuge en montagne, oui pour la pureté des pensées quand on est seule avec soi-même.

      On dit qu’une personne qui peut vivre dans un silence face à soi-même est un signe de bien-être et j’y adhère. Je suis heureuse de vous avoir trouvé à titre d’exemple monumentale pour la quête de soi ! Bravo ! Revenir dans la civilisation serait une trop grand choc vital. Garder votre lieu pur !

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