Faut-il demander aux pays en développement de mettre fin à la déforestation?

Je parle au sujet de la déforestation sur les réseaux sociaux depuis cinq ans et j’ai constaté beaucoup de mépris pour les pays en développement qui sont en train de couper leurs forêts. Notamment, l’Indonésie, le Brésil, le Congo sont souvent perçus comme une sorte d’États vilains, qui détruisent les dernières forêts vierges sur Terre sans aucun remord. Mais sommes-nous, les «Occidentaux», en position de les critiquer pour le fait d’exploiter leurs ressources naturelles d’une manière irresponsable, alors que c’est précisément ce que nous avons fait. La plupart des pays européens ont un pourcentage de couverture forestière bien inférieur à celui des pays qui abritent les forêts tropicales. Et en plus, nous avons détruit la grande majorité, pratiquement la totalité, de nos forêts primaires il y a très longtemps. N’est-ce pas injuste ou hypocrite de notre part d’exiger de ces pays de préserver leurs forêts?

Un mauvais exemple

Je comprends l’envie de pointer de doigt les pays où la majorité de la déforestation est en cours, mais ce n’est pas très efficace et c’est hypocrite à plusieurs égards. Nous avons déjà mentionné que nous avons construit notre richesse en détruisant nos propres forêts et en brûlant sans discernement des combustibles fossiles. Il est tout à fait injuste d’attendre des pays en voie de développement de sacrifier le genre de progrès économique, technologique et social dont nous avons bénéficié. Le capitalisme non-réglementé entraînera toujours une croissance économique plus rapide, même s’il exploite les travailleurs et détruit la santé de l’écosystème. S’ils veulent nous faire la compétition, ils doivent jouer notre sale jeu.

De plus, les accords commerciaux mondiaux nous permettent d’exporter une grande partie de notre empreinte écologique. C’est facile de nous vanter du progrès que nous réalisons chez nous, tout en important des marchandises de pays où les normes environnementales sont moins strictes. Nous achetons leurs produits, puis nous leur reprochons de les avoir fabriqués. Notre économie de services «propre» fonctionne avec des téléphones et des ordinateurs fabriqués en Chine avec des matières premières extraites en Afrique. Notre système alimentaire dépend des importations d’aliments pour les animaux d’élevage, de la viande et des huiles végétales. L’UE est la plus grande économie du monde et le plus gros importateur de biens liés à la déforestation. Nous avons peut-être arrêté de couper nos forêts, mais nous payons d’autres pays pour couper les leurs.

La valeur des écosystèmes sains

Nos économies bénéficient directement des services écosystémiques fournis par les forêts. Préserver la santé de ces forêts et régénérer celles qui sont perdues n’est pas seulement une question morale, c’est aussi une question financière. Nous bénéficions directement des eaux transportées par les forêts vers les terres fertiles où poussent les cultures destinées à nos marchés. Les forêts contribuent également à la stabilité du climat mondial, dont tous les pays en bénéficient. Les économies en développement peuvent peut-être justifier leurs émissions et leurs taux de déforestation rampants, en rappelant notre mauvais exemple, mais pointer du doigt ne fait que très peu pour résoudre la crise dans laquelle nous nous trouvons tous. Nous ne pouvons pas nous permettre de détruire les forêts tropicales et les forêts boréales. Et quand je dis nous, je parle de nous tous. Tout le monde dépend de la santé de l’écosystème et il en va de même pour nos économies.

Correction des failles du marché

Puisque nous bénéficions tous de la santé des forêts, nous devons tous contribuer à leur préservation. Si les forces du marché sont incapables de reconnaître la valeur des écosystèmes vivants, les gouvernements doivent intervenir et corriger le problème. Les pays riches doivent créer des incitations financières très fortes pour que les pays en développement préservent et régénèrent leurs forêts. À moins que la préservation de leurs forêts ne devienne au moins aussi lucrative que leur destruction, nous ne devrions pas nous attendre à résoudre la crise de la déforestation. Je ne suis pas économiste et je ne sais pas comment cela devrait être réalisé, mais les solutions impliqueront certainement la taxation et la réglementation des industries destructives, ainsi que des investissements sans précédent dans la conservation et la régénération des écosystèmes forestiers.

Cela ne devrait pas être considéré comme une aide économique dans laquelle nous nous engageons, car nous sommes si généreux et gentils. D’une part, nos actions sont responsables d’une grande partie de la déforestation en cours et d’autre part, nous avons des intérêts sociaux et économiques directs dans la préservation des forêts restantes.

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Aleks Evtimov

Je suis le créateur et le gestionnaire des communautés 'Plus d'Arbres Moins de Connards', 'Je ne suis plus un mouton', 'L'univers est en nous' et 'More Trees Less Assholes'. Depuis cinq ans nous utilisons les réseaux sociaux ensemble dans le but de donner une voix à ceux qui n'en ont pas. Je créé du contenu sur la déforestation, le changement climatique, le bien être des animaux et la pollution et grâce à vos interactions ces informations atteignent des millions de personnes chaque année. J'aime bien toucher à d'autres problèmes modernes, tels que l'intelligence artificielle et son impact sur l'économie et les réseaux sociaux et leur impact sur notre société et nos systèmes politiques.

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