Les populations d’insectes s’effondrent à cause du changement climatique

Vous avez probablement entendu ou observé vous-même le fait que les populations d’insectes sont en déclin partout dans le monde. Peut-être les moustiques et les mouches sont tout aussi ennuyants, mais la crise est plus sérieuse que ce que les scientifiques imaginaient. Une étude récente d’une forêt protégée du Porto Rico nous donne des informations précieuses et alarmantes. En fait, ‘alarmantes’ n’est pas un adjectif adéquat dans ce contexte, peut être angoissant, effrayant ou terrifiant sont des mots plus appropriés. Si vous avez d’autres descriptions, laissez-les dans les commentaires, car jusque la fin de l’article mes réserves d’adjectifs catastrophiques seront totalement épuisées.

Un rappel douloureux

Commençons par ce que nous connaissons déjà sur la disparition des insectes. Une étude de 2014 a estimé que durant les dernières 35 années les populations de coléoptères et d’abeilles ont chuté de 45%. Et une étude de l’année passée a montré qu’environ 76% des insectes volants dans les réserves naturelles allemandes ont disparu durant les 30 dernières années. Ces chiffres sont déjà désastreux, mais comme vous allez bientôt découvrir, la situation est pire que ce que l’on pensait. Les pertes d’insectes que nous venons de citer sont largement attribuées à notre utilisation de pesticides, mais un problème encore plus général et difficile à résoudre menace les populations d’invertébrés.

Des découvertes troublantes

La forêt El Yunque sur l’île de Porto Rico a toujours était parmi les plus protégées, depuis le 19ième et à travers le 20ième siècle. La déforestation ne peut donc pas expliquer la perte de biodiversité que les chercheurs ont observé.  Bradford Lister, un biologiste américain a étudié cet écosystème depuis 40 ans. Dans les années 70 son équipe a mesuré les populations d’insectes et d’insectivores. Il est revenu 40 ans plus tard pour trouver une situation macabre.

Les chercheurs ont utilisé les mêmes techniques qu’ils ont employé durant les années 70 pour mesurer la densité de la population des insectes sur le sol de la forêt ainsi qu’en hauteur dans les buissons et dans les arbres. Ils ont placé des pièges par terre et ont balayé des insectes des buissons avec des filets.  Chaque méthode a montré que la biomasse a été décimée comparé à leur découvertes de 1976.

Les filets ont attrapé un quart jusqu’à un huitième de ce qu’ils ont attrapé en 76.  Les pièges sur le sol ont capturé 60 fois moins d’insectes.

Le seul mot qui me passe par la tête pour décrire ce résultat est ‘apocalyptique‘.

Comme vous pouvez imaginer, les populations d’insectes ne concernent pas seulement les insectes, mais toute la chaîne alimentaire. Nous sommes en train d’observer un effondrement biologique au cœur d’une zone protégée. Toutes les espèces insectivores d’oiseaux, de lézards, de grenouilles etc. sont en train de s’écrouler. Certaines espèces ont déjà disparu en 40 ans, d’autres ont chuté de 30 à 90%. Je vous encourage de lire l’article original pour plus de détails.

Un problème global

L’utilisation de pesticides au Porto Rico a chuté de 80% depuis 1969. J’imagine que certains ont déjà deviné la cause la plus probable de ce déclin dramatique de la biomasse animale : le changement climatique. Quand nous pensons au changement climatique, nous imaginons une catastrophe qui se déroulerait, peut-être, dans un avenir lointain. Ce n’est pas le cas. Le changement climatique n’affecte pas toutes les régions de la Terre de la même manière. Les organismes qui vivent dans les régions équatoriales ne sont pas bien adaptés aux variations de la température. Les chercheurs ont utilisé des modèles informatiques pour analyser les données et ont confirmé que la cause la plus probable est la hausse de la température et l’augmentation de la fréquence des sécheresses, deux conséquences directes du réchauffement climatique. Cette découverte est particulièrement dérangeante. Dans d’autres régions nous attribuons la perte de biodiversité à la perte d’habitat et à l’utilisation de pesticides, mais le cas de la forêt de Porto Rico nous montre que le changement climatique a déjà des conséquences sévères même dans des écosystèmes que nous sommes en train de protéger.

Cet article a sûrement eu un impact négatif sur votre humeur, vous êtes peut être fâchés, ou peut être vous vous sentez impuissants face à ce désastre. J’ai envie de vous donner un grain d’espoir. Quand j’ai lu les informations sur cette étude je voulais agir, je voulais faire quelque chose pour contribuer à une solution et j’ai commencé en rédigeant cet article. Si vous ne savez pas par où commencer, partagez cette publication et commentez sur Facebook pour que plus de gens puissent la voir. Mais ne vous arrêtez pas là, sachez que très peu de gens vont lire l’article, donc si vous l’avez fait, parlez en vrai avec un maximum de personnes. Aidez les gens à devenir plus informés, car si ces sujets n’entrent pas dans les débats publics, nous n’avons aucune chance à résoudre ces problèmes à temps.

Si vous souhaitez découvrir d’autres manières pour agir directement contre la déforestation et le changement climatique je vous renvoie vers cette infographie que j’ai créé :

Nous pouvons mettre fin à la déforestation, voici comment (infographie)

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Aleks Evtimov

Je suis le créateur et le gestionnaire des communautés 'Plus d'Arbres Moins de Connards', 'Je ne suis plus un mouton', 'L'univers est en nous' et 'More Trees Less Assholes'. Depuis cinq ans nous utilisons les réseaux sociaux ensemble dans le but de donner une voix à ceux qui n'en ont pas. Je créé du contenu sur la déforestation, le changement climatique, le bien être des animaux et la pollution et grâce à vos interactions ces informations atteignent des millions de personnes chaque année. J'aime bien toucher à d'autres problèmes modernes, tels que l'intelligence artificielle et son impact sur l'économie et les réseaux sociaux et leur impact sur notre société et nos systèmes politiques.

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