Les braconniers kényans seront condamnés à mort

Le ministère du tourisme et de la faune sauvage du Kenya a fait une annonce surprenante. Les braconniers de la faune sauvage pourront être condamnés à mort par la justice kényane. Le ministre Najib Balala a déclaré que la nouvelle mesure serait rapidement transposée dans la loi. La position du ministère est que les lois contre le braconnage sont insuffisants.

Le braconnage constitue toujours un problème très réel qui rend les efforts de conservation beaucoup plus difficiles. Selon l’organisation Save the Rhino, les pertes sont si élevées, qu’elles annulent le taux de croissance de la population totale. L’organisation a souligné que les taux de braconnages restent élevés dans de nombreux pays africains. L’année dernière, 69 éléphants – sur une population de 34 000 – et neuf rhinocéros – sur une population de moins de 1 000 – ont été tués, selon cet article de independent.

Quand on pense à l’ampleur et la gravité  du problème du braconnage la décision du gouvernement peut nous sembler justifiée. Les Kényans veulent sans doute voir la fin du braconnage, et beaucoup de personnes sympathisent avec les efforts du gouvernement à éliminer cette pratique. Le Kenya abrite une grande variété d’espèces dans  ses réserves et  parcs: des lions, des rhinocéros noirs, des hippopotames, des girafes, etc. Même si nous sommes conscients de la gravité du crime, est-ce qu’on peut justifier la peine de mort dans le cas du braconnage d’une manière éthique ou pratique?

Du point de vue éthique le Kenya violerait les droits de l’homme, l’ONU est opposé à la peine de mort. D’ailleurs même si la peine de mort figure toujours dans le code pénal du pays, elle n’a pas été pratiquée depuis près de 30 ans. Les présidents ont diminué les peines de mort en peines d’emprisonnement à perpétuité et certaines Cours kényanes ont déclaré que les peines de mort sont inconstitutionnelles.

Du point de vue pragmatique, il n’est pas probable que la peine de mort sera une mesure efficace qui diminuera les taux de braconnage. Les gens qui pratiquent le braconnage sont déjà prêts à mourir. Le Kenya a une politique de tirer sur les braconniers depuis près de 30 ans. Les braconniers savent très bien qu’ils peuvent perdre leurs vies et cela ne les empêche pas à tuer, à piéger et à empoisonner des animaux. C’est clair que ces personnes le font car elles n’ont pas d’opportunités économiques, et il ne faut pas croire qu’ils vont devenir riches en le faisant. Je doute que beaucoup de gens prendraient ce genre de risques s’ils avaient la possibilité d’avoir une certaine stabilité dans leurs vies. Quand les gens n’ont plus rien à perdre, ils sont prêts à miser leurs vies.

La seule solution réelle est d’investir dans les communautés locales rurales, qui sont souvent très pauvres. Ces communautés sont composées de gens qui n’ont pas du tout envie de voir leur nature détruite. D’ailleurs beaucoup d’études ont montré que les peuples autochtones arrivent à conserver la nature locale mieux que tout le monde. Ce n’est pas seulement la responsabilité du gouvernement kényan à soutenir ces régions, la biodiversité est un héritage du monde entier, tous les pays devraient investir dans ces communautés qui se trouvent sur les fronts de la conservation des espèces.

Sources : independent   mailandguardian

Aleks Evtimov

Blogueur. Créateur de www.veganews.eu

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