La déforestation laissera la ville de Melbourne sans eau

L’exploitation forestière et les pertes forestières causés par des feux de forêt massifs ont déclenché l’effondrement des forêts de frênes dans les montagnes de la province de Victoria, en Australie. L’approvisionnement en eau de la ville de Melbourne est donc menacé d’une manière sévère, selon les écologistes.

Les recherches de 2015 de l’Université Nationale Australienne ont averti de la probabilité de l’effondrement des écosystèmes forestières. Une nouvelle étude menée par le professeur David Lindenmayer  a constaté que cet effondrement a déjà commencé.  L’étude est basée sur 35 années de recherche dans la forêt de montagne de Victoria, qui génère presque toute l’eau pour les gens et les entreprises de Melbourne. A première vue, la forêt paraît intacte, mais les dégâts qui sont déjà causés ont sapé sa capacité de se régénérer. Le nombre d’arbres creux est très important et il ne va pas baisser assez rapidement. Selon Lindenmayer, l’effondrement projeté en 2067 est presque inévitable.

«Les incendies de forêt et la surexploitation ont provoqué un effondrement de la forêt de frênes de montagne – les populations d’animaux y ont diminué de moitié et, dans certains cas, ont baissé de plus de 65% au cours des 20 dernières années», a déclaré le professeur Lindenmayer.

Tous les scénarios possibles ne promettent pas un avenir brillant pour l’approvisionnement de la deuxième plus grande ville en Australie. Si l’exploitation forestière ne s’arrête pas d’une manière brusque, la forêt de frênes cédera la place à une forêt d’acacia.  Une jeune forêt de frênes en croissance ou une forêt d’acacias consommeront beaucoup trop d’eau et laisseront la ville de Melbourne assoiffée. Apparemment, les arbres de moins de 100 ans consomment beaucoup trop d’eau et plus de 98% de la forêt de frênes à Victoria sont moins de 80 ans, surtout dans les bassins hydrographiques.  Environ 61 % des arbres du bassin qui alimente le plus grand barrage d’approvisionnement en eau de Melbourne ont été coupés.

Ce que les politiciens et les citoyens devraient comprendre c’est que l’eau vaut beaucoup plus que le bois. Et ce n’est pas une métaphore environnementaliste, littéralement, en termes de prix, l’eau qui est approvisionnée par les forêt a une valeur économique beaucoup plus importante que le bois qui est extrait de ces forêts.

“La valeur de l’eau qui s’écoule dans les bassins hydrographiques est environ 25,5 fois plus élevée que la valeur du bois coupé dans ces mêmes bassins.” a déclaré Lindenmayer.

Une analyse économique publiée par le Centre de rétablissement des espèces menacées a révélé que la contribution économique de l’approvisionnement en eau à l’économie victorienne était de 310 millions de dollars, comparativement à 12 millions de dollars pour l’industrie du bois .”Mon espoir est qu’à un certain stade, les gens se réveillent et disent, ‘Oh mon dieu, c’est l’approvisionnement en eau pour 4,5 millions de Melburniens'”, a déclaré Lindenmayer.

L’exemple des forêts de frênes de Melbourne est important pour tous les pays du monde. Nos gouvernements n’investissent pas suffisamment de ressources dans les recherches écologiques et gèrent nos ressources naturelles d’une manière aveugle. Quand nous tenons compte des conséquences réelles nous comprenons que couper du bois dans une forêt vierge est non seulement une catastrophe écologique, mais également un désastre économique et humanitaire.

 

Aleks Evtimov

Je suis le créateur et le gestionnaire des communautés 'Plus d'Arbres Moins de Connards', 'Je ne suis plus un mouton', 'L'univers est en nous' et 'More Trees Less Assholes'. Depuis cinq ans nous utilisons les réseaux sociaux ensemble dans le but de donner une voix à ceux qui n'en ont pas. Je créé du contenu sur la déforestation, le changement climatique, le bien être des animaux et la pollution et grâce à vos interactions ces informations atteignent des millions de personnes chaque année. J'aime bien toucher à d'autres problèmes modernes, tels que l'intelligence artificielle et son impact sur l'économie et les réseaux sociaux et leur impact sur notre société et nos systèmes politiques.

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