Est-ce que les animaux devraient avoir les mêmes droits que les humains?

En discutant sur le sujet des droits des animaux, j’aboutis souvent à un malentendu que j’aimerais bien clarifier dans cet article. Quand nous suggérons que les animaux devraient avoir plus de droits on entend quelque chose du genre : ” les humains et les animaux ne sont pas égaux’ ou ”les animaux ne devraient pas avoir les mêmes droits que les êtres humains”. Pourtant presque personne ne défend la position que les humains et les animaux sont tous pareils et encore moins de personnes suggèrent qu’ils devraient jouir des mêmes droits, protections et responsabilités. Les droits des humains correspondent à la particularité de la situation humaine, les droits des animaux devraient correspondre à leur situation.  Les animaux n’ont clairement pas besoin d’avoir le droit de voter, car ils n’ont pas du tout les capacités mentales nécessaires à participer dans la vie de la société à un tel niveau. Est-ce qu’il y a des droits humains qu’il serait logique d’appliquer aux animaux?

Notre société perçoit les différences entre les humains et les animaux non-humains, mais est-ce que ces différences sont assez substantielles pour justifier la manière que nous traitons les animaux? Il n’y a pas besoin d’expliquer pourquoi les vaches ne vont pas participer aux prochaines élections ou pourquoi elles n’ont pas la propriété du champ sur lequel elles pâturent. Par contre, il est beaucoup plus difficile de justifier pourquoi les vaches doivent subir des maltraitances physiques et psychiques. Comment allons nous justifier qu’un animal en bonne santé qui a envie de vivre sera tué sans qu’on puisse évoquer une justification raisonnable. Car oui, quand on parle de vie et de mort, le plaisir gustatif n’est pas un argument solide.

Le droit à la vie

Les animaux partagent énormément de traits communs avec les humains, ça ne devrait pas nous étonner, nous sommes aussi des animaux. Nous avons partagé le même chemin évolutionnaire pendant des centaines de millions d’années. Nous avons la capacité de ressentir la douleur et nous faisons ce que nous pouvons pour y échapper. Nous avons un instinct de survie qui nous pousse à préserver nos corps et à protéger nos enfants.  Des structures cérébrales comparables nous permettent de ressentir la peur, la joie et le plaisir.  En tant que mammifères nous créons de forts liens avec nos enfants. Comme beaucoup d’animaux, nous reconnaissons d’autres individus et nous créons des liens sociaux avec eux. Sur base de ce que nous avons en commun avec les animaux il serait tout à fait logique d’étendre une série de droits aux animaux non-humains.  Le droit à la vie est probablement celui qui concerne les animaux le plus. Les animaux ne devraient pas être traités comme des marchandises et ne devraient pas être tués sans raison. La mort fait partie de la vie, mais les contextes peuvent être très différents.

Et les lions?

Quand on parle de droit à la vie,  il ne s’agit pas d’intervenir et de protéger les gazelles dans la savane qui vont être mangés par un lion, ni d’aller dans la mer et empêcher les requins à se nourrir. La situation des animaux d’élevage n’est pas du tout comparable aux animaux sauvages, tout comme notre situation en tant qu’êtres humains n’est pas du tout comparable à celle d’un lion. Quand nous nous trouvons dans un supermarché nous avons le choix d’acheter une grande variété de produits qui peuvent parfaitement répondre à nos besoins nutritionnels. Un lion a absolument besoin de tuer pour survivre, il ne peut pas faire le choix de prendre un paquet d’haricots à la place.

Beaucoup de personnes vivent dans des régions du monde qui ne bénéficient pas du même genre d’avancements technologiques. La survie de beaucoup de personnes qui habitent dans des environnement extrêmes dépend de la chasse ou de l’exploitation d’animaux, mais nous ne pouvons pas les utiliser comme justification de l’éthique des choix que nous faisons dans un contexte complètement différent. Quand nous nous trouvons dans un supermarché notre survie n’est pas menacée, et nous ne pouvons pas l’évoquer comme justification éthique pour demander la mort d’un animal.

C’est pas pour demain, mais ça commence aujourd’hui

Plus que 60 milliards d’animaux terrestres et quelques trillions d’animaux marins sont tué chaque année.  Dans un contexte pareil nous ne pouvons pas nous attendre que les animaux vont avoir des droits ou des protections effectifs dans un avenir prévisible. Certains animaux comme les chiens et les chats jouissent déjà de certains droits et nous pouvons seulement espérer que notre société élargira progressivement son cercle de compassion pour enfin inclure tous les animaux. Avant qu’une telle chose puisse se produire à l’échelle de notre pays ou société globale, nous allons devoir observer un changement d’attitudes venant de la part des individus. Si plus de gens commencent à traiter tous les animaux comme des être sensibles, nous allons petit à petit changer la manière dont la société entière voit la question. Si nous arrêtons de voir et de traiter les animaux comme des objets à un niveau personnel nous faisons déjà un pas essentiel dans la bonne direction. Chaque choix que nous faisons modifie la face et le chemin de note société.

 

 

Aleks Evtimov

Blogueur. Créateur de www.veganews.eu

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