Deux exemples où l’idéologie du marché libre ne marche pas du tout

Certains d’entre vous seraient probablement troublés par ma position, mais même si je me considère comme un environnementaliste, je ne suis pas complètement contre le marché libre. Dans certains contextes la liberté de l’économie peut nous donner du choix, peut améliorer la qualité de nos vies et peut être un moteur du progrès. Par contre, je ne pense pas qu’on devrait croire dans les capacités du marché libre d’une manière fanatique et on ne devrait pas essayer d’appliquer cette idéologie à toutes les sphères de notre économies, car dans certains contextes cela peut poser de sérieux problèmes.

L’exemple le plus évident est la production d’armes. Si les armes sont produites par des industries privées, un grand problème surgit. Placez-vous dans la position d’un producteur d’armes, vous savez que les gouvernements ne vont pas acheter des armes que s’ils n’en ont besoin, ils ne vont pas acheter de nouvelles bombes, s’ils n’ont pas utilisé les anciennes. Des producteurs privés ont donc une motivation, une incitation économique de voir plus de conflits armés et des conflits armés qui durent le plus longtemps possible.

Mettre en place un tel mécanisme est une très mauvaise idée. Les producteurs d’armes ont énormément d’argent, ce sont des activités très lucratives. Ils peuvent utiliser leurs moyens financiers pour faire pressions à nos gouvernements afin d’influencer leur politique intérieure et extérieure, et ils ont un intérêt direct pour le faire. Une guerre ou une intervention, ça peut leur rapporter énormément. La prolongation d’un conflit qui existe déjà, ou la vente d’armes à un régime oppresseur n’est pas une politique extérieure du point de vue de la population, mais est une excellente politique du point de vue des producteurs d’armes. J’aimerais voir un monde sans armes, mais entre temps, une bonne solution serait de laisser la production d’armes aux gouvernements et d’empêcher des personnes privées de s’en enrichir. Ainsi la production d’armes deviendra une pure dépense, un poids économique pour tous les acteurs, ce qui diminuera inévitablement la quantité d’armes et le nombre de conflits armés.

Un autre exemple est le système des soins de santé. La logique du marché libre place les compagnies pharmaceutiques et les fournisseurs de services médicaux dans une situation paradoxale. S’ils s’occupent efficacement de la santé des gens, ils s’opposent à leur propre intérêt économique. Les gens qui sont en bonne santé ne sont pas rentables, ils n’achètent pas de médicaments et ils voient leurs médecins que très rarement. C’est comme ça qu’on arrive à un système de santé qui favorise le traitement des symptômes plutôt que la médecine préventive qui empercherait les maladies à se développer.

Le meilleur exemple sont les maladies chroniques, qui se développent pendant très longtemps et sont particulièrement rentables. Les sources des maladies chroniques sont souvent liées au mode de vie des patients, tandis que les médicaments cherchent à soulager les symptômes, sans pour autant éliminer la cause de la maladie. Les compagnies pharmaceutiques profitent donc de clients ‘fidèles’ pendant de nombreuses années. Si cette même compagnie investirait dans la prévention , elle perdrait de l’argent. La prévention des maladies n’est pas du tout rentable pour les corporations, pourtant tout le monde préférait de ne pas tomber malade.

Je ne prétend pas que j’ai une remède, le système des soins de santé est extrêmement compliqué, et je n’ai pas les compétences pour proposer des solutions. Ce que je comprends, c’est que la logique du marché libre créé une incitation économique pour garder les gens malades. Je ne dis pas que les compagnies pharmaceutiques font ça d’une manière consciente, mais le système économique influence inévitablement leur manière de fonctionner. Et puis, je doute qu’elles ne se rendent pas compte que les gens malades leur sont beaucoup plus profitables que les gens en bonne santé.  C’est beaucoup plus rentable d’utiliser peu de personnel et de prescrire des médicaments, plutôt que d’engager beaucoup de gens qui offrent des services personnalisés qui peuvent aider les patients à mener leurs vies d’une manière qui favoriserait leur santé.

Je suis certain que ce ne sont pas les seuls exemples de secteurs économiques où nous ne devrions pas adopter la logique du marché libre sans nous poser des questions.

 

Aleks Evtimov

Blogueur. Créateur de www.veganews.eu

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